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L'HEBREU EN VOIE DE DISPARITION

L'hébreu en voie de disparition ?

29/03/2010
Nathalie Bitoun

On raconte que le premier mot créé par Ben Yehouda était Milon, dictionnaire. Drôle de coïncidence pour une langue en danger, dont le vocabulaire se réduit comme peau de chagrin au fil des années. Car le constat est alarmant : la langue hébraïque se trouve aujourd'hui dans une situation catastrophique, obligée de lutter pour sa survie et sa spécificité.

Entre expressions liturgiques et contraintes modernes, l'Ivrit vacille, et ne trouve plus sa place. Les jeunes Israéliens n'ont que faire de la richesse du Tanah (Pentateuque), leur langue à eux emprunte des mots venus de loin : raccourcis provenant de l'armée et expressions étrangères à quiconque dépasse leur âge. Mais attention, les jeunes sont loin d'être les seuls responsables de l'appauvrissement de leur langue. Les adultes, eux aussi, ont leur part de responsabilité.

C'est donc cette situation de crise alarmante que le gouvernement a - serait-on tenté de dire enfin - comprise. Pour preuve, les récentes déclarations du ministre de l'Education Gideon Saar : la déliquescence de l'hébreu parlé par la jeunesse ne peut laisser de marbre. Une lutte primordiale s'impose pour la survie de notre langue et donc de notre peuple, face à la mondialisation.

La faute à l'ère d'Internet où la langue épistolaire châtiée de nos ancêtres a fait place aux "smileys", "lol", "mdr" et autres sobriquets ? La faute aux différentes vagues d'immigration aussi, qui ont apporté, en même temps que la richesse de leurs différentes cultures, une influence linguistique non négligeable. C'est un peu toutes ces raisons à la fois. Mais, point de découragement, le terme "ivrit" vient de la racine "ever", celui qui traverse, qui passe de l'autre côté. Une façon de dire que ce défi-là, l'hébreu aussi peut le traverser...

Une prise de conscience nationale

C'est grâce à la prise de conscience d'un véritable recul de l'hébreu chez les populations les plus jeunes que le ministère de l'éducation a désigné 2010, "l'année de la langue hébraïque". Des initiatives d'envergure ont également été lancées, sous l'impulsion de l'Académie de la langue hébraïque. Au menu : interdiction d'écouter des compositions étrangères lors des événements scolaires ou dans les cours de récréation. Seules les chansons "made in Israel" seront à présent autorisées.

Autre initiative : la création d'une commission interministérielle qui sera chargée de définir les moyens de préserver et renforcer la langue hébraïque dans la vie quotidienne. Il a par ailleurs été décidé d'accorder un "Prix du Premier ministre", d'un montant de 70 000 shekels, qui sera remis annuellement à des personnes, organismes ou institutions qui auront contribué à l'enrichissement de la langue. Un timbre et une médaille seront également créés et décernés aux 200 personnes qui auront le plus œuvré en faveur de la renaissance et du maintien de l'hébreu.

Chose plus extraordinaire encore, le Premier ministre Binyamin Netanyahou et son gouvernement se sont engagés à prendre eux-mêmes des cours afin d'améliorer leur expression orale. Et le président Shimon Peres d'ajouter : "Qu'est-ce que la langue hébraïque sinon la carte d'identité culturelle de notre peuple." Restent les journaux, la télévision et surtout aussi, la radio, comme vecteur linguistique primordial. Les médias sont en effet en contact récurrent avec l'Académie de la langue hébraïque qui statue au quotidien sur l'utilisation d'un terme, l'emploi d'une expression.

Le combat d'une Académie engagée

Déjà plus de 50 ans que l'Académie de la langue hébraïque trône - avec discrétion - sur le campus de Givat Ram. Mais rares sont ceux qui connaissent la mission de cette institution. C'est le travail remarquable de son père fondateur - Eliezer Ben Yéhouda - que l'Académie, fondée en 1953, tente au quotidien de préserver.

Centre de recherche sur les fondements de la langue, elle entend faire revivre l'hébreu au quotidien de manière plus profonde. Sur le campus de Guivat Ram, l'équipe de 23 chercheurs s'emploie à remettre l'hébreu des origines au goût du jour et l'adapter aux temps modernes. La science n'échappe pas aux impératifs d'hébraïsation d'un vocabulaire qui s'appuie bien souvent sur des racines latines ou anglo-saxonnes. Deux planètes viennent ainsi d'être récemment renommées : Uranus est devenue Oron (signifiant "petite lumière"), Neptune sera désormais appelée Raav ("ministre des mers", selon le Talmud de Babylone).

Par la voix de son président, Moshé Bar Asher, elle crée de nouveaux dictionnaires spécifiques (280 dictionnaires professionnels ont été élaborés) et lutte auprès des arcanes du pouvoir pour faire prendre conscience aux gouvernants de l'importance du travail de conservation. Les nouvelles décisions ministérielles de ce début d'année 2010 marquent donc un début de succès pour l'Académie.

Une relève mal assurée

Parmi les initiatives de préservation de l'hébreu : doter la langue d'un jour anniversaire. Histoire de mieux la célébrer. La date était toute trouvée : le 21 Tévet, jour de la naissance du père de l'hébreu moderne, Ben Yehouda.
Lui qui, en 1881, était monté en Israël, bille en tête : élaborer le premier dictionnaire d'Ivrit moderne et donner à la langue biblique un cadeau suprême : la vie à l'oral. Car pour Ben Yehouda, parler hébreu était une question de vie ou de mort.

Comme il l'explique dans le mensuel juif viennois, Hashahar : "Pourquoi en êtes-vous arrivé à la conclusion que l'hébreu est une langue morte, qu'elle est inutilisable pour les arts et les sciences, qu'elle n'est valable que pour les 'sujets qui touchent à l'existence d'Israël' ? Si je ne croyais dans la rédemption du peuple juif, j'aurais écarté l'hébreu comme une inutile entrave. J'aurais admis que les maskilim [partisans de l'équivalent juif de l'époque des Lumières (Haskala)] de Berlin avaient raison de dire que l'hébreu n'avait d'intérêt que comme un pont vers les Lumières. Car, Monsieur, permettez-moi de vous demander ce que peut bien signifier l'hébreu pour un homme qui cesse d'être hébreu. Que représente-t-il de plus pour lui que le latin ou le grec ? Pourquoi apprendrait-il l'hébreu, ou pourquoi lirait-il sa littérature renaissante ?

"Il est insensé de clamer à grands cris : 'Conservons l'hébreu de peur que nous ne périssions !' L'hébreu ne peut être que si nous faisons revivre la nation et la ramenons au pays de ses ancêtres. C'est la seule voie pour réaliser cette rédemption qui ne finit pas. Sans cette solution, nous sommes perdus, perdus pour toujours. [...] Il ne fait guère de doute que la religion juive sera capable de survivre, même en terre étrangère. Elle changera son visage selon l'esprit du moment et du lieu, et son destin sera celui des autres religions. Mais la nation ? La nation ne pourra vivre que sur son sol, et c'est sur cette terre qu'elle renouvellera sa jeunesse et qu'elle produira de magnifiques fruits, comme dans le passé."
Oyez, oyez, à nous de bien savoir parler !

© 2008 Le Jerusalem Post édition Francaise
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